Formation

2019-02-16 Stage initiateur ski de randonnée

Nous sommes 7 stagiaires à nous être inscrits au stage initiateur ski de randonnée programmé du 10 au 16 Février dans le Queyras. Dimanche matin nous nous retrouvons avec Benoît du CAF Ile de France et Florence du CAF de Besançon à Pontarlier puis à Morges avec Guillaume également du CAF de Besançon pour faire les 450 kms qui nous séparent de Ristolas. A la sortie de Aiguilles un alternat dû à un éboulement dans la vallée du Guil nous oblige à patienter quelque 15 minutes : c'est là que nous allons rencontrer nos 3 autres compères à savoir Henri, Patrick et Charles venus de la région Rhône-Alpes. Le feu passant au vert, une petite route provisoire construite à la hâte sur la rive gauche du Guil nous conduit à l'entrée d'Abriés d'où nous reprenons la route principale en direction de notre premier gîte, 7 Degrés Est situé à l'Echalp, dernier hameau de la vallée du Haut-Guil.

Nous nous installons dans un confortable dortoir bien agencé avant de nous diriger vers une mezzanine où nous devons retrouver à 18 heures nos 3 encadrants pour le début du stage. Sophie, instructrice Ski de Randonnée et Georges, instructeur Neige et Avalanches, nous accueillent tandis que Nicolas, guide de haute montagne terminant un autre stage à Vars, nous rejoindra seulement le lendemain matin. Le tour de table des usuelles présentations fait, nous sommes vite mis dans le bain par Sophie : le stage sera intense, les journées bien remplies et les soirées longues, bref, nous savons d'ores et déjà que ce ne seront pas des vacances et que le brevet n'est pas acquit d'avance.

Après le premier diner passé ensemble, nous sommes déjà mis à contribution avec l'aide de notre encadrement pour analyser le BRA du lendemain en vue de préparer une première course : une révision pertinente car nous aurons à faire nous-mêmes cet exercice tous les soirs de la semaine. La météo et la nivologie n'étant pas formidables pour cette première journée on nous demande d'envisager un parcours en direction du Pic de Maloqueste à 2754 m, accessible par son versant NO au départ de Ristolas. Le canevas de plan de marche que nous fournit Georges pour ce premier exercice nous sera bien utile pour le reste du stage.

Le lendemain c'est durant notre petit déjeuner que nous faisons connaissance de Nicolas alias Nico : ce n'est n'est pas un vieux guide moustachu comme nous l'avait décrit Georges la veille mais un charmant jeune homme d'environ 35 ans au visage déjà bien marqué par le soleil qui se présente à nous. Comme tous les jours qui suivront nous sommes répartis dans 2 groupes au sein desquels stagiaires et encadrants alterneront puis nous nous rendons au point de départ de cette première course. La météo s'est nettement améliorée par rapport à hier mais il fait très froid, -12°C et bien que nous soyons à l'abri dans une ruelle de Ristolas nous savons déjà qu'en altitude un vent violent nous attend de pied ferme.

Le briefing de départ effectué en suivant scrupuleusement la méthode 3x3, nous commençons notre ascension sur un chemin forestier avant de pénétrer dans la forêt de mélèzes. La pression de nos encadrants du jour, en l'occurrence Sophie et Georges, sur le premier leader désigné commence – Quel est ce type de neige ? Pourquoi choisis-tu d'aller dans cette direction ? Le groupe est-il vraiment en sécurité dans ce passage ? – comme elle le sera tout au long du stage. Vers 1900 mètres nous nous arrêtons pour notre première pause et le groupe encadré par Nico nous rejoint : nous sommes dans une clairière et c'est l'endroit que choisit notre encadrement pour effectuer la première coupe du manteau neigeux de la semaine. Comme il fallait s'y attendre, sous les 50 cm des dernières chutes de neige récentes une épaisse couche fragile composée de gobelets caractéristiques s'est formée pendant la longue période anticyclonique de janvier. Le test de stabilité qui suit confirme les informations du BRA : il n'a fallu à Nico que 2 coups avec sa main sur la pelle pour que la couche supérieure de neige fraiche se dissocie du manteau neigeux et glisse.

Nous reprenons notre progression avec un changement de leader pour atteindre vers 2300 mètres plus ou moins la sortie de la forêt en ayant pris soin de ne pas pénétrer dans une zone tétras protégée. Les rafales de vent violentes se font sentir de plus en plus et la neige cingle sur nos visages nous obligeant à sortir nos masques. La décision est prise par nos encadrants de stopper l'ascension à ce niveau, de nous inviter à manger notre casse-croûte pendant que Nico et Georges vont passer un long moment à installer en contre-bas un atelier pour le test DVA que nous avons à effectuer. Il s'agit de trouver et sonder dans un temps imparti deux sacs contenant chacun un DVA enfoui à 1 mètre sous la neige dans une zone de 80x80 mètres maxi : moins de 6 minutes c'est parfait, entre 6 et 10 minutes c'est encore acceptable sachant que nous avons droit à seulement 2 tentatives. L'attente est longue avant que Florence ne se lance la première, nous sommes frigorifiés si bien le résultat est catastrophique : seul Guillaume a réussi ric-rac le test en 9 minutes 30, nous aurons donc droit à une deuxième et dernière chance dans quelques jours.

Après une descente rapide dans la forêt qui va nous réchauffer, nous sommes de retour au gîte pour notre premier débriefing : il s'agit d'analyser à tour de rôle le déroulement de la course et de se concentrer essentiellement sur ce qui a failli de sorte à éviter de reproduire les mêmes erreurs. Ensuite Sophie invite deux d'entre nous à présenter en 10 minutes leur exposé pédagogique qu'ils avaient à préparer avant de nous accorder quelques minutes pour une douche réparatrice avant le repas. La suite de la soirée est comme la veille consacrée à l'interprétation du BRA et à la préparation de la course du lendemain : la consigne est simple, il nous faut individuellement préparer un itinéraire au départ du gîte pour atteindre le sommet de Praroussin par le versant O.

Au matin de cette deuxième journée le ciel est sans un nuage comme il le sera le restant de la semaine et le vent s'est calmé. Une nouvelle course studieuse et ponctuée de fréquents arrêts pédagogiques va nous amener jusqu'à environ 2500 mètres sans parvenir au sommet convoité. De là, choisissant les endroits qui ont été abrités du vent, nous allons bénéficier d'une descente dans une bonne neige encore poudreuse avant de rejoindre le gîte pour un nouveau débriefing, la suite des exposés pédagogiques et une troisième préparation de course. Du haut des remontées mécaniques de Abriés il s'agit d'atteindre le sommet de la Lauzière à 2576 mètres et d'envisager plusieurs variantes de descente dans le versant N. La course est volontairement courte car nous devrons nous rendre en fin d'après-midi dans un autre gîte à Molines-en-Queyras.

Nous démarrons cette troisième journée un peu plus tard que les deux précédentes car les remontées mécaniques ne démarrent qu'à 9h30 ce qui nous laisse un peu de temps pour recharger les voitures avec nos affaires personnelles. Arrivés au sommet du téléski de la Colette c'est Patrick puis Guillaume qui nous amènent au sommet de la Lauzière encadrés aujourd'hui par Nico. Tout en analysant les différentes possibilités de descente versant N nous attendons le deuxième groupe qui a emprunté un autre itinéraire de montée. Nous ayant rejoint avec son groupe, Sophie nous annonce qu'à un endroit propice de la descente nous allons refaire le test DVA : Charles est désigné leader pour tous nous conduire sur un replat vers 2350 m auquel succède une pente favorable à l'installation de l'atelier.

Pendant que Sophie et Georges prennent le temps de dissimuler les deux sacs à l'abri de nos regards, nous nous restaurons et Nico nous donne les derniers conseils pour réussir : ne pas aller trop vite lorsque le premier signal est détecté, bien s'appliquer dans la recherche finale en croix, sonder perpendiculaire à la pente, garder son calme, etc. Les conditions atmosphériques sont excellentes de même que la qualité de la neige, tous les ingrédients sont là pour nous faciliter la tache si bien que la réussite est cette fois-ci totale, au grand soulagement de nos encadrants. Pour terminer Guillaume refait l‘exercice pour le fun et sans la pression puis Nico nous fait une démonstration, réussissant la localisation et le sondage des deux sacs en un peu plus de 4 minutes.

L'heure tournant c'est Nico qui va nous guider pour une superbe descente en neige poudreuse dans la forêt jusqu'à atteindre Le Roux où nous allons prendre une navette pour Abriés. Puis direction Molines-en-Queyras avec nos voitures où nous intégrons le gîte Les Arolles tenu par un couple originaire d'Alsace. Après une installation rapide dans le dortoir puis le débriefing de la journée nous nous offrons une petite demi-heure de détente apéritive pendant que nos encadrants font un premier bilan de nos performances en vue de l'entretien individuel de milieu de stage qui est prévu dans la soirée. Après le repas, pendant que l'un de nous est sollicité par cet entretien, les autres travaillent sur le parcours de la course du lendemain, une boucle qui doit nous mener à la Pointe des Marcellettes perchée à 2909 mètres suivie par une descente dans le Vallon du Châtelard dont l'issue est verrouillée par une cascade, course plus alpine nécessitant de prévoir corde, piolet et crampons.

C'est à partir du Pont du Moulin gagné par une courte descente que nous entreprenons après le briefing de départ l'ascension en direction du Pic Cascevelier au pied duquel nous atteignons vers 2600 mètres le début de la longue arête menant à la Pointe des Marcelettes. Exposée au vent, l'arête est en neige dure ce qui nous oblige à utiliser les couteaux d'autant plus que le versant SE que nous avons à main gauche est un vrai toboggan. A 2800 mètres l'arête se redresse significativement et se pose alors la question de déchausser et de mettre les crampons : finalement non mais c'est un par un que nous franchissons cette ultime section d'autant plus que nous sommes méfiants au vu d'une plaque qui risque de se décrocher. Nous débouchons à un collet juste sous le sommet rocheux de la Pointe des Marcelettes puis par une courte traversée à flanc nous arrivons à l'aplomb du vallon par lequel nous avons décidé de descendre.

Les 200 premiers mètres assez raides, entre 30 et 35°, nécessitent quelques précautions de sorte à ne pas être tous dans la pente en même temps puis nous enchainons, séparés par une dizaine de mètres pour éviter une collision, la suite de la descente dans une neige agréable à skier pour atteindre le haut de la cascade où Nico a déjà installé une main courante pour son groupe. C'est à notre tour de franchir cette cascade raide mais bien enneigée et Georges va utiliser une technique bien à lui pour faire un amarrage solide : assis, les deux skis plantés par les talons dans la neige il passe la corde sous la semelle de ses chaussures. Puis il nous suffit de déraper en passant la corde sous nos aisselles pour nous retrouver en sécurité 30 mètres plus bas et pour clore cette magnifique course, filer le long du torrent jusqu'au pont d'où nous étions partis ce matin.

Nous devons passer la dernière nuit du stage au refuge de la Blanche si bien que ce vendredi matin nous devons à nouveau charger nos voitures. Cette journée nous amène en direction du Pic de Château-Renard qui domine Saint-Véran de ses 2931 mètres. Arrivés au sommet en compagnie de Patrick, Benoît et Nico nous avons deux options : descendre versant SE comme le fera l'autre groupe encadré par Sophie et Georges ou nous engager dans le couloir N dont la pente est évaluée à 38° sur quelque 200 mètres de dénivelé. Nous sommes hésitants et finalement notre guide, nous amenant directement à l'aplomb du couloir, nous donne le dernier coup de pouce pour nous lancer, ce que nous ne regretterons pas. Arrivés en bas du couloir il nous faut à présent remonter au col du Longet avant de rejoindre l'autre groupe qui s'affaire aux alentours du refuge pour les séquences « abris dans la neige ». La première, un igloo creusé dans un talus se termine par un affaissement du toit sur le pauvre Charles : court instant de panique mais plus de peur que de mal, en quelques coups de pelle la tête de notre ami est dégagée. La deuxième, creuser une tranchée, faire une charpente à l'aide de nos skis que nous recouvrons de neige : résultat, nous pourrions y passer une nuit « paisible » bien serrés les uns contre les autres.

Pendant que nous faisions les bâtisseurs sous l'œil bienveillant de Georges, Sophie et Nico préparaient un ultime exercice pour clore cette journée bien remplie à savoir un exercice de sauvetage suite à une avalanche. George nous conduit en haut de la pente puis à son signal « Une avalanche vient de se déclencher sur un groupe de randonneurs, il y a au moins 3 personnes enfouies » il faut rapidement s'organiser : c'est le rôle du leader désigné qui doit faire commuter tous les DVA en mode « recherche », désigner 2 personnes pour filer à la recherche des premiers signaux et des indices de surface, faire appeler les secours et donner des directives sensées aux autres membres du groupe tout en gardant son calme. Le résultat de la recherche n'est pas fameux au goût de nos encadrants et le débriefing au refuge autour d'une bière en sera d'autant plus animé : un seul message à retenir, s'entraîner, toujours s'entraîner et encore s'entraîner.

Le terminus de notre dernière course est le Pont de Lariane en amont de Fontgillarde où Georges et Nico sont allés hier déposer une voiture. Deux itinéraires sont mis sur pied dans la soirée pour rejoindre notre destination finale : le premier, monter au col situé entre le Queyron et le Pic de Cornivier puis descendre par le vallon de Clausis et le second, atteindre la Pointe des Sagnes Longues à 3032 mètres et rejoindre via la face NO du sommet le même vallon. Le groupe encadré pour ce dernier jour par Sophie et Nico choisit la première option tandis que Georges se charge d'accompagner les 3 francs-comtois que nous sommes en direction de la Pointe des Sagnes Longues.

Guillaume est désigné par Georges pour être le premier leader de la journée : une longue traversée descendante nous amène au point 2400 où il faut remettre les peaux pour atteindre à environ 2650 mètres dans le vallon de Cornivier le premier point de décision que nous avons déterminé la veille. Flo, ayant remplacé Guillaume à la tête du groupe est sollicitée par Georges afin de déterminer la meilleure stratégie pour franchir la pente estimée au plus fort à 35° et qui mène à l'arête sommitale. Avec raison elle nous demande de mettre les couteaux puis tente de s'engager sur une croupe à droite de la pente qui de loin semblait plus facile. Finalement ce n'est pas la solution la plus sure – une chute nous entraînerait sur des rochers en contre-bas – et elle décide de revenir à juste titre dans le centre de la pente qui est vite négociée par quelques conversions judicieusement placées. Arrivés sur l'arête, le sommet est vite atteint où nous allons nous congratuler et nous restaurer puis immortaliser notre présence par quelques clichés, l'imposant Mont Viso en arrière plan.

La descente, mi-figue, mi-raisin, conduite par Guillaume nous amène à quelques encablures de Fontgillarde où nous retrouvons le premier groupe profitant du soleil généreux sur une table de piquenique. Pendant que les chauffeurs des voitures sont redescendus par Georges et Nico à Molines-en-Queyras, Sophie suggère à Florence de terminer son stage par la séquence d'animation qu'elle avait à préparer : notions d'orientation sur le terrain, un domaine qu'elle abhorre avant que de devoir à l'avenir l'adorer sous la bienveillance de son coach préféré.

De retour à Molines nous nous installons dans un bar pour le débriefing général du stage suivi de l'entretien individuel avec nos 3 encadrants. Malgré la pression et l'intensité du stage nous garderons un excellent souvenir de cette expérience enrichissante et nous remercions Sophie, Georges et Nico pour leurs compétences et la disponibilité dont ils ont fait preuve à notre égard. Merci également à Benoît, Charles, Guillaume, Henri et Patrick pour leur agréable compagnie sans oublier Florence qui, diminuée par la maladie, a su faire preuve d'un courage exemplaire.

Serge

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2018-05-13 Stage initiateur randonnée montagne

Ce sont treize stagiaires dont cinq ayant fait le déplacement depuis les Ardennes, la Région Parisienne ou la Haute-Savoie qui se sont retrouvés au chalet de montagne des Tuffes durant ce week-end de l'Ascension pour suivre la formation Initiateur Randonnée Montagne proposée par le Comité Régional Bourgogne Franche-Comté de la FFCAM.

Une fois les présentations mutuelles d'usage faites, le vice-président à la formation et aux activités du Comité Régional, Daniel Buffet, qui a assuré l'administration du stage, nous quitte pour nous laisser entre les mains de nos formateurs, Bruno Cattenoz Accompagnateur Moyenne Montagne et Robert Bettinelli Instructeur Randonnée Montagne, tous deux adhérents au CAF du Haut-Doubs.

Pour débuter quelques consignes d'ordre général et mises en garde sont données notamment concernant les maladies transmises de l'animal à l'homme telles l'échinococcose, la maladie de Lyme ou la leptospirose. Ensuite nous consacrons l'essentiel de cette première journée à la préparation sur la base de fonds de cartes suisses des quatre randonnées que nous devrons effectuer. La première est prévue de nuit le soir même aux environs du Gros Crétet dans la forêt du Risoux, celle du lendemain au départ de la Givrine qui doit nous amener à la cabane CAS de Rochefort en passant auparavant par celle du Carroz, la troisième dans le secteur de la Dôle et la dernière en direction du Crêt Pela à partir du lac de Lamoura. Pour chacune d'elles nous devons trouver le cheminement le mieux adapté en situant les passages clés, en repérant les difficultés éventuelles et en estimer la durée en tenant compte de la distance et du dénivelé.

Le repas terminé nous nous rendons en voiture au point de départ de notre première escapade pendant laquelle nous serons confrontés à tour de rôle aux difficultés de l'orientation de nuit en forêt. Arrivés sur le site désiré, en l'occurrence une grande carrière, Bruno nous divise en deux groupes comme il le fera au départ de chaque randonnée. De manière à créer un écart entre les deux groupes le deuxième fait un aller et retour au fort du Risoux tandis que le premier auquel j'appartiens commence la randonnée en direction de Roche Blanche sous la conduite de Daniel. Puis nous nous relayons en tête du groupe usant de la boussole et de l'altimètre pour nous repérer au mieux sur la carte et sur le terrain sous le faisceau de nos frontales. Quelques chemins inexistants sur la carte nous font hésiter mais c'est sans trop de difficultés que vers minuit nous retrouvons le second groupe sur le parking où nous faisons un rapide débriefing avant de regagner le chalet pour un repos bien mérité.

Le vendredi nous partons de la Givrine pour une randonnée d'une quinzaine de kilomètres avec 400 mètres de dénivelé avec pour objectif de revoir et de mettre en application quelques techniques de progression et d'orientation tout en s'intéressant à la flore du massif. Nous laissons le groupe à Bruno s'éloigner quelques instants tandis qu'Irène désignée par Robert comme premier leader nous donnent quelques consignes et en particulier celle d'avertir le serre-file qu'elle a nommé lorsque l'un de nous doit s'arrêter ou s'écarter du groupe quelle qu'en soit la raison. Après quelques minutes de marche ponctuées par un exercice de tangente à la courbe, Olivier prend la direction des opérations pour nous conduire à la glacière de la Genolière : ce sont deux effondrements dans le sol au fond desquels persiste durant toute l'année une couche de glace. De là il nous fait traverser la forêt en suivant l'azimut qu'il nous a donné pour rejoindre le sentier qui doit nous amener à la cabane du Carroz. De manière à évaluer la distance que nous parcourons à vue dans la forêt il nous demande de compter les doubles pas que nous effectuons – technique qu'il a utilisée au cours de sa carrière militaire – sachant que 100 mètres correspondent à environ 60 doubles pas. Arrivés sur le sentier nous faisons une pause tout en repérant les essences qui nous entourent : jeunes hêtres et bouleaux, nombreux épicéas et quelques sapins. Nous arrivons sans encombres sur le promontoire où est bâtie la cabane du Carroz duquel nous pouvons distinguer malgré quelques nuages bourgeonnants plusieurs sommets caractéristiques des Alpes dont les Dents du Midi. La suite de notre progression consiste à traverser à vue le Bois du Carroz pour nous rendre à notre point de rendez-vous avec le premier groupe, la ferme d'alpage du Vermeilley, pour y manger notre casse-croûte. Daniel va nous y conduire usant de sa boussole et de repères caractéristiques dans la forêt : un arbre, un névé ou une clairière. Quelques végétaux sont identifiés lors de notre passage dont un remarquable bois joli en fleur. Bien repus nous repartons sous la conduite de Jacqueline pour rejoindre la cabane Rochefort en passant par la Combe Froide aux environs de laquelle Robert demande d'atteindre une doline caractéristique surmontée d'une barre rocheuse puis en enchainant par la Combe à Bernard qui débouche sur un pâturage non loin de la cabane. Après un crochet par la cabane où nous avons un point de vue remarquable sur le lac Léman et le massif du Chablais nous redescendons vers notre point de départ par un large chemin forestier le long duquel Fabrice repère une belle morille noire. Un débriefing autour d'une bière bien appréciée puis une douche vont clore cette deuxième journée bien remplie.

Samedi c'est une randonnée avec un peu plus de dénivelé que la précédente qui nous attend au cours de laquelle nous abordons les thèmes de la sécurité et des secours. Toujours divisés en deux groupes nous partons directement du chalet pour franchir la frontière franco-suisse au niveau de la borne 228 puis direction le Kikajon en passant par le chalet suisse La Pile Dessus – il existe quelques centaines de mètres à côté le chalet français du même nom géré par le CAF de Chalon sur Saône – puis une zone marécageuse caractéristique. La traversée du bois du Kikajon jusqu'au bois de Couvaloup parsemée de microreliefs perturbants donne un peu de fil à retordre à Olivier puis à Anne-Lise : pas facile de se concentrer lorsque le restant du groupe se sent obligé de donner son avis « on est là, non c'est plutôt ici, j'irai à gauche et ainsi de suite… ». Du bois de Couvaloup nous devons ensuite monter quelque 200 mètres pour retrouver l'autre groupe au chalet des Apprentis quand à quelques encablures du point de rendez-vous prévu notre formateur Bruno s'écroule dans une portion raide victime d'un malaise cardiaque. Olivier le serre-file du moment se précipite vers lui mais il soupçonne rapidement une simulation vite confirmée par Bruno : à nous maintenant de nous organiser pour s'enquérir de l'état de la victime, faire appel aux secours selon une procédure type, préparer une zone d'atterrissage pour un hélicoptère et faciliter son approche en mimant les signes conventionnels. Constat : c'est vite la pagaille !!! Au chalet nous retrouvons le groupe à Robert où nous nous accordons une petite heure de pause avant de repartir en début d'après-midi en direction du Col de Porte situé sur la crête sommitale de la Dôle. C'est une zone d'éboulis assez escarpée, terrain idéal pour apprendre à poser et à utiliser une main courante : deux ateliers nous permettent chacun son tour sous l'œil bienveillant de Bruno ou de Robert de dérouler une corde et de la tendre suffisamment entre deux arbres pour permettre le passage en toute quiétude d'un randonneur en difficulté. Les exercices terminés nous nous dirigeons, les deux groupes réunis, vers le sommet de la Dôle d'où nous pouvons apercevoir Genève, son jet d'eau sur le lac et plus loin le Salève mais malheureusement pas le Mont-Blanc masqué par des nuages orageux qui se font menaçants. Nous entreprenons sans tarder la descente en direction du chalet des Tuffes quand soudain Robert va chuter en simulant une entorse au genou : c'est au tour des membres de son groupe d'organiser les secours et son évacuation. De retour au chalet c'est le débriefing traditionnel autour de la bière suivi d'une douche puis sur l'initiative d'Emmanuelle, chacun ayant pensé à apporter une bouteille ou de quoi grignoter, d'un apéritif sous les sapins auquel nous invitons Tristan le gardien du chalet et Annie une charmante douairière bordelaise qui passe quelques jours dans la région en guise d'entraînement avant une virée dans l'Atlas Marocain, à y participer. Quelques verres et quelques chansons plus tard nous nous retrouvons autour des tables de la salle commune pour déguster la délicieuse tartiflette préparée avec soin par Tristan et arrosée par le vin du Jura offert par Annie.

Dimanche, changement de temps radical : c'est une pluie torrentielle sous une température extérieure de 5 °C qui contraint nos organisateurs à modifier le programme de la journée. Nous n'allons pas nous balader du côté du Crêt Pela et nous restons à l'intérieur du chalet pour faire dans la matinée des exercices sur le nivellement, discuter des problèmes inhérents à l'organisation d'une randonnée, du rôle de l'organisateur et des limites de ses responsabilités. Après le casse-croûte de midi nous sommes sollicités par nos formateurs dans le cadre du débriefing du stage puis les dernières formalités administratives accomplies le verdict final tombe : ouf ! pas de recalé.

Merci à Daniel pour son travail dans l'ombre, à Bruno et Robert pour leur patience et leurs compétences, à Tristan pour son accueil et à vous toutes et tous, les stagiaires, qui ont permis que ce stage se déroule sans anicroches et toujours dans la bonne humeur.

Serge

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2018-02-24 Stage initiateur ski de randonnée

J'ai participé à un stage "Initiateur ski de randonnée" du 19 au 24 février dans la Vallée de la Clarée au Nord de Briançon. Nous étions 10 stagiaires encadrés par 1 guide et 2 instructeurs.

Nous avons fait un raid en itinérance au départ de Névache et en passant par les refuges du Chardonnet, des Drayères et Ricou. Avec les 3 premiers jours de beau temps et les 3 derniers couverts, la météo a été assez clémente avec nous, comme les conditions nivologiques.

Manu

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2017-12-17 Stage Neige et Avalanches Niveau 2

Comme quoi les années se suivent mais ne se ressemblent pas : la saison dernière le stage Neige et Avalanches Niveau 2 planifié par le comité régional avait du être annulé faute de participants. Cette année ce sont 22 stagiaires, et il a fallu refusé des inscriptions, qui se sont retrouvés à Bourg Saint-Pierre dans des conditions idéales pour suivre ce stage indispensable à tous les pratiquants de sport de neige qui veulent acquérir de l'autonomie ou participer à l'encadrement de sorties au sein de leur club.

Conditions idéales, c'est d'abord un enneigement exceptionnel, un risque avalanche marqué, une organisation parfaite et un encadrement très compétent assuré professionnellement par Benjamin et Yvan secondés bénévolement par Philippe.

Le stage débute le samedi matin par 2 heures de théorie sur la base d'un quiz sur lequel nous planchons par groupe de 4 ou 5 suivies de la correction commune où chacun essaie de commenter et justifier à tort ou à raison ses réponses. Pour préparer les exercices pratiques de l'après-midi un rappel de l'utilisation du matériel de sécurité pelle, sonde, DVA est effectué par nos encadrants.

L'après-midi du samedi est consacré aux exercices de recherche mono et multi-victimes, au sondage et à l'organisation d'un pelletage en V qui permet de réchauffer les personnes transites. Puis profitant de l'épaisseur conséquente de neige Benjamin nous démontre par le test du bâton puis à travers la coupe du manteau neigeux comment identifier les différentes couches de neige et en particulier les couches dites fragiles qui sont à l'origine des avalanches de plaque.

De retour à la maison Saint-Pierre où nous logeons pour ce week-end, nous sommes très attentifs aux explications de Benjamin et Yvan pour interpréter correctement les informations données par le Bulletin d'Estimation du Risque d'Avalanches (BERA) suisse et français puis celles relatives à la méthode 3x3 d'analyse du risque.

Après un moment de convivialité débuté par un apéritif suivi d'un repas soupe au potiron, choucroute garnie et salade de fruit nous nous retrouvons par petit groupe pour préparer la course du lendemain sur la base d'un fond de carte des environs de Bourg Saint-Pierre. Compte tenu des conditions nivologie et de la météo du lendemain il y a un consensus pour évoluer dans la Combe de Drône avec un départ prévu à 9h à l'entrée du tunnel du Grand Saint-Bernard et retour vers 15h à Bourg Saint-Pierre.

Réveil à 7h, petit déjeuner copieux, nous arrivons après un court trajet en voiture sur le lieu de départ de la course. Les deux groupes de skieurs et le groupe évoluant à raquettes constitués nous entamons notre course avec un leader désigné à tour de rôle par nos coaches respectifs. Observation attentive, consignes strictes, choix de la trace, points de décision sont les maitres mots de la journée nous permettant d'appréhender la difficulté de la conduite de groupe. Nous terminerons cette escapade en extérieur par une simulation d'avalanche et l'organisation de la recherche de multi-victimes par un grand groupe qui tournera vite à la pagaille.

De retour sur notre lieu d'hébergement le traditionnel débriefing de fin de stage permet à chacun d'entre nous d'exposer les bénéfices de ce stage et de suggérer des points d'amélioration pour le futur. Pour terminer nous tenons à remercier chaleureusement nos encadrants Benjamin, Yvan et Philippe, Jean-Baptiste et Christiane pour le repas et bien sur Daniel pour l'organisation sans faille du stage.

Serge

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