Carnet de route

2021-02-04 Bisontins et Mortuaciens se retrouvent sur les pentes du Mont d'Or

Le 04/02/2021 par Serge Deprez

Malgré les conditions météorologiques et les restrictions de déplacement auxquelles nous sommes astreints, nous avons jusqu’à présent pu maintenir les 2 premières sorties que nous avions prévues entre nos deux clubs. 

Ainsi, quelques semaines auparavant, une quinzaine d'adhérents des deux clubs se retrouvaient à Buttes pour parcourir le Chasseron en long et en large, plan B pour remplacer l’ascension du Hochmatt, un sommet que j’avais proposé dans les Préalpes Fribourgeoises. La météo capricieuse et la nivologie nous avaient contraints à la prudence, d’ailleurs le retour dans nos demeures respectives, sur des routes particulièrement glissantes et encombrées, devrait rester dans les mémoires de certains d’entre nous.

Aujourd’hui, sur une suggestion de Florence, nous aurions dû nous rendre à nouveau en Suisse pour aller du côté de Teysachaux, sommet également situé dans les Alpes Fribourgeoises. Les nouvelles directives gouvernementales nous interdisant de nous rendre à l’étranger, nous allons donc rester en France et faire confiance à Thierry, le gars du coin, pour nous concocter un itinéraire dans le massif du Mont d’Or. Ce n’est pas gagné car la pluie et le vent des derniers jours ont fait disparaitre en grande partie la neige accumulée depuis le début de l’année. La veille, Thierry est donc allé en reconnaissance pour s’assurer de la praticabilité du ski et peaufiner son parcours.

De la neige, miraculeusement il en reste suffisamment, cela est dû parait-il, selon les anciens qu’il a croisés, à la présence du tunnel ferroviaire qui traverse le massif de part en part. Celui-ci génèrerait un courant d’air qui aurait pour effet d’abaisser la température du sol de quelques degrés, un gigantesque réfrigérateur en quelque sorte, retardant de quelques semaines, malgré la pluie et le vent, la fonte de la neige sur le secteur de Métabief par rapport à ceux du Suchet et du Chasseron qui en sont à présent totalement dépourvus. C’est l’exemple type de l’effet « cryogénicus » – du grec cryo-froid et génos-génération – tel que nous le rencontrons dans les glacières du Jura et mis en évidence au début du siècle dernier par un aréopage de thermodynamiciens dont j’ai oublié les noms.

Concernant le parcours, Thierry toujours hyper consciencieux, nous signale qu'il a tout prévu : au cours de son repérage il a jalonné montées et descentes de piquets rouges ou bleus surmontés de numéros, 10, 9, 8 etc… et a même poussé le vice, tel le Petit Poucet, à répandre par endroits sur la neige, tantôt des cônes d’épicéas, tantôt des enveloppes de faines de hêtres, voire carrément des branches d’arbres, histoire d’avoir un fil rouge pour le guider en cas de brouillard tenace.

Nous nous retrouvons donc à nous équiper sur le parking de Super-Longevilles et totalement rassurés par cette préparation minutieuse. Les peaux collées et les sacs mis sur le dos, nous commençons notre périple sur une neige gelée pour, après 30 minutes de montée tranquille, arriver à la hauteur du lac artificiel du Morond. Thierry nous propose alors une descente sur le versant de Piquemiette qui va nous amener jusqu’au point 992, légèrement au-dessus de la Grange Deniset, où nous devons remettre les peaux. Après avoir atteint le chalet de Piquemiette en remontant la piste, nous prenons la direction de la Suisse en suivant un chemin dans la forêt. La borne 67, dont la fleur de lys taillée côté français a été fraichement repeinte aux couleurs de la Franche-Comté, nous indique que nous pénétrons en territoire helvétique pour le quitter quelques centaines de mètres plus loin au niveau de la Cabane de la Gym. Un coup d’œil à la cabane du CAS en passant et nous nous dirigeons vers le sommet du Mont d’Or où peu avant de l’atteindre nous devons déchausser sur une courte distance. Une succession de montagnes russes, permettant à Vincent de nous faire une démonstration de virages en télémark, nous ramène vers le lac du Morond. Nous nous installons pour la pause déjeuner à l’abri dans le local technique, quelques gouttes menaçant de perturber le reste de la journée.

Il pleut un peu et quelques rafales de vent se font sentir lorsque nous sortons pour reprendre notre route. Dilemme, rejoindre les voitures ou continuer ? Nous avons vu pire, alors autant continuer et quitte à être mouillés, profitons de notre journée car c’est peut-être une des dernières fois que nous allons mettre les skis cette année. Thierry propose alors de monter au Gros Morond puis de descendre soit sur Métabief soit sur Troupézy. Arrivés au sommet c’est finalement l’option « Troupézy » qui est retenue, option qui nous réserve une belle descente sur une neige ramollie d’autant plus que le soleil semble à nouveau être de la partie. Il nous faut à présent remettre les peaux pour remonter cette piste, tranquillement car la fatigue commence à se faire sentir chez certains et, arrivés à nouveau au lac de Morond, nous prolongeons l’ascension jusqu’au sommet des téléskis de Super Longevilles. Nous ôtons les peaux pour nous engager dans cette ultime descente, excellente neige sur les trois premiers quarts puis plus ou moins un champ labouré sur la dernière section ce qui amène une dernière facétie de Pierre à l’encontre de Thierry : 

  • - Thierry, la prochaine fois tu viendras avec des hamsters.
  • - Des hamsters ? Qu’est-ce que tu me racontes ?
  • - Oui, oui, des hamsters !!! Car les hamsters… dament !!!

La sortie terminée, Thierry, en excellent organisateur, a pensé à nos gosiers asséchés et sort du coffre de sa voiture de quoi nous désaltérer avant de nous séparer. Santé, merci à lui pour cette parfaite journée commune à nos deux clubs et croisons les doigts pour son prochain stage d’initiateur.

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