Carnet de route

2018-04-29 Escapade dans la vallée du Rosenlaui

Le 29/04/2018 par Pierre Caron

Dimanche 29 avril cinq heures c'est le départ, destination la vallée du Rosenlaui. Cette vallée rejoint celle de l'Aar au niveau de Meiringen. Nous sommes quatre : Manu notre président et pour l'occasion chauffeur, Serge l'organisateur de la sortie, Salim et le rédacteur de cette petite chronique. Aucun d'entre nous ne connait notre lieu de randonnée. Entre Brienz et Meiringen nous pouvons admirer les très belles cascades de Giessbach et de Reichenbach. La route principale quittée, nous attaquons la remontée de la vallée du Rosenlaui en direction de Schwarzwalddalp 1450 m, point de départ pour notre objectif du jour : le Wildgärst 2891m. Le paysage est grandiose, au sud nous sommes dominés par le Wellhorn et le Wetterhorn, au nord-ouest ce sont des formes plus douces qui s'offrent à notre regard.

A huit heures justes, skis sur le sac, nous entamons la montée dans l'alpage en longeant le Pfannibach. Une harde de chamois curieux nous regarde monter et fouler au pied les innombrables crocus qui constellent la pente. Après vingt minutes de portage nous chaussons et nous serpentons au gré de l'enneigement. Une première halte au niveau de l'alpage de Pfanni pour se restaurer un peu, faire le point et fixer notre prochain objectif : un petit col coté 2008 m. Je trace en observant les pentes qui me dominent sur ma gauche, certes les coulées les plus importantes sont déjà descendues mais à cette altitude modeste il n'y a pas eu de regel nocturne. Arrivés au point 2008, notre sommet est parfaitement identifiable. Une pause boisson rapide, une lecture de la carte et nous repartons maintenant vers le lac de Hagelseeli 2420 m. Les pentes sont agréables ni trop raides ni trop douces. Vers 2350 m Serge m'interpelle car il trouve que je me dirige trop à gauche, un point carte et j'entame une longue traversée ascendante sur la droite puis un crochet à gauche. Maintenant nous dominons le lac à l'aplomb du point 2432 m. Il nous reste alors à remonter le large couloir qui mène au col de Wart culminant à 2704 m. J'infléchis ma trace pour éviter une grosse coulée provenant de l'arête sud du Wildgärst, la pente se redresse un peu, Salim prend le relai jusqu'au col. L'arête sud qui conduit au sommet étant déneigée, c'est à pied et en suivant le sentier d'été que nous parvenons au sommet à midi. Le panorama qui s'offre à nos yeux ravirait les plus exigeants, au nord en fond de vallée, le lac de Brienz dominé par le Brienzer Rothorn, au nord-ouest  les crêtes du Jura barrent l'horizon, au nord-est nous apercevons le Lungernsee et le Sarnensee ainsi que le massif du Titlis, au sud en toile de fond le Wetterhorn et le Schreckhorn.

Nous redescendons pour manger au col. Des nuages menaçants masquent les plus hauts sommets nous nous hâtons de rechausser et entamons la descente. La neige est un peu déconcertante, nous n'avons pas beaucoup de glisse. Une fois apprivoisée, cette neige très molle se laisse skier mais il faut se faire léger. Vers 2500 m nous quittons notre itinéraire de montée pour nous engager dans le vallon de Wischbach. Dès que nous pénétrons dans le vallon nous découvrons qu'il est parsemé sur ses deux flancs d'avalanches de fond qui se rejoignent en son centre rendant le cheminement délicat. Une portion de pente plus raide nous oblige à descendre un à un. Serge trouve un passage de moindre difficulté dans ce labyrinthe et nous débouchons dans les alpages dominant Scheidegg Oberlager. Nous continuons notre descente plein est, vers Bidem, pour arriver à la lisière de « Schwarzwald ». La traversée de la forêt restera dans nos esprits, peut-être aurions-nous dû suivre le balisage du sentier pédestre, l'itinéraire de ski en surimpression sur la carte semblait différent. A peine engagés, la densité des arbres et des buissons ainsi que de nombreux micros reliefs rendent la progression laborieuse et lente. Serge et moi nous nous relayons pour enfin déboucher dans une clairière et par un chemin forestier rejoindre la route de Schwarzwaldalp. Pour cette fin de descente je décernerais à Serge le diplôme de meilleur skieur sur terre battue. Quant au président Manu en plus de son rôle de chauffeur, il fût aussi photographe officiel et serre-file attentionné. Skis sur l'épaule nous parcourons les quelques centaines de mètres qui nous séparent du parking au grand étonnement des piétons joggers et autres vététistes qui demandent à Salim d'où nous sortons ?

Afin de réhydrater nos corps desséchés - j'exagère un peu ! - nous faisons honneur à trois grosses chopes de bière sauf notre chauffeur qui se contente d'un café.

Une belle région, une belle randonnée, un endroit qu'il faut sans doute parcourir un peu plus tôt en saison mais par route déneigée. Remarque : en cas de nivologie délicate il serait peut-être plus prudent de redescendre par l'itinéraire de montée moins exposé.

Merci à Serge pour cette initiative, merci à Manu pour le voyage, merci à Salim pour son agréable compagnie, quant à moi j'espère avoir réussi cette session de rattrapage : certains initiés comprendront cette allusion.

Pierre

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