Carnet de route

2018-03-01 Un Chasseron en long, en large et en travers

Le 01/03/2018 par Serge Deprez

Nous avions prévu de nous rendre en Gruyère mais vu la quantité de neige tombée dans la nuit nous décidons par prudence de rester sur le coin. Jean-Claude avait déjà décliné sa participation car venant de Montbéliard il aurait été hasardeux pour lui de s’aventurer sur ces routes enneigées et Gégène, espérant soigner dans la nuit son épanchement de synovie avec un cataplasme à base de feuilles de chou – et bio s’il-vous-plait –, doit se rendre à l’évidence : son genou encore trop récalcitrant le contraint également à déclarer forfait.

C’est donc accompagné de Paulo, Jean-Paul et Alain que nous prenons prudemment à 6h30 la direction de Sainte-Croix pour une énième virée de l’hiver au Chasseron. Nous arrivons à 7h30 sur le parking non encore déneigé des Replans et Paulo de forcer le bourrelet d’un coup d’accélérateur rageur. En raison du vent et de la neige qui tombe en abondance nous hâtons les préparatifs pour effectuer nos premières enjambées dans la neige vers 7h45.

Cette première ascension nous conduit du parking au sommet des Petites Roches où nous sommes accueillis par un vent violent. Les peaux vite ôtées nous longeons un moment la crête pour trouver le passage entre deux rochers qui permet de plonger dans la pente menant aux Auges. La neige profonde est très légère et c’est trop vite que nous arrivons au fond de la combe pour remettre les peaux une seconde fois.

Nous reprenons notre ascension pour atteindre Le Sollier puis obliquons à droite pour attaquer une pente orientée N qui va nous ramener une nouvelle fois aux Petites Roches. C’est raide et bien enneigé, les conversions dans la forêt ne sont pas faciles, nous devons même déchausser une dizaine de mètres pour contourner un ilot rocheux entre deux conifères. Les skis à nouveau aux pieds nous entamons les dernières conversions et pouvons nous libérer des peaux à l’abri juste sous le sommet des Petites Roches.

Une seconde descente de rêve nous comble et arrivés à la cote 1250 de l’itinéraire venant des Dénériaz nous recollons les peaux pour nous diriger vers La Merlaz puis le col où nous en profitons pour faire une réparation de fortune des peaux de Jean-Paul, les crochets arrière s’étant rompus. Le col pour une fois facilement franchi – pas de glace –  nous nous dirigeons vers le sommet venté du Chasseron et nous nous préparons rapidement pour une descente rapide et agréable par les champs de neige des Roches Eboulées au bas desquels nous mangeons notre pique-nique.

De là nous aurions pu commencer à revenir vers notre point de départ mais ayant souvenir d’une descente mémorable que nous avons effectuée avec Gégène et Maurice peu avec Noël 2017, je propose à mes compagnons de faire un aller et retour en direction du sommet de la Robella. Arrivés au col nous décidons de poursuivre encore un peu notre ascension pour monter par un large virage à droite sur une crête bien chargée appelée à juste titre Crêt de la Neige.

Paré pour la descente j’engage le premier virage dans la pente et badaboum une plaque de 40 cm d’épaisseur et de 20 à 30  mètres de largeur se détache sous moi : impressionnant, peu commun dans le Jura mais fort heureusement je ne suis pas entrainé avec cette masse sinon la réception sur les sapins en contrebas aurait pu être lourde de conséquences. Je prends le temps d’immortaliser ce phénomène par 2 clichés tandis que mes trois comparses entreprennent leur descente prudemment sur la gauche de la coulée en louvoyant entre les arbres.

La suite de la descente est excellente puis nous nous laissons glisser sur le chemin longeant le ruisseau La Dénériaz jusqu’au pont permettant de le franchir où il nous faut remettre les peaux une cinquième fois. Passant devant La Dénériaz Dessous nous nous engageons dans la combe boisée qui nous mène à la cote 1250 m où nous étions passés ce matin et nous arrivons au col entre le Mont de la Maya et les Petites Roches peu avant le chalet restaurant Le Sollier. Une nouvelle descente sympathique dans deux clairières nous conduit au confluent du ruisseau venant des Auges et celui venant du Sollier d’où nous apercevons le sommet du Cochet, prochain et dernier objectif de la journée.

C’est par un couloir assez raide situé à droite de la forêt du Cochet et que nous n’avions ni l'un ni l'autre jamais parcouru que nous effectuons cette ascension nécessitant encore de nombreuses conversions dans une neige épaisse. Une section plate à la sortie de couloir permet à Jean-Paul de reprendre quelques forces pour vaincre les derniers 50 mètres menant à la croix du Cochet et pour juste récompense de ses efforts, enchainer une superbe dernière descente dans une poudre immaculée, clôturant ces quelque 2000 m de dénivelé parcourus.

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