Carnet de route

2020-09-25 Le Tour des Glaciers de la Vanoise

Le 25/09/2020 par Mathilde Burel

Vendredi 18 septembre.

11h55 : Évelyne, Pascal, Michel et Jean-Paul prennent la route pour récupérer Mathilde en gare d'Albertville. Il fait grand beau et la température dépasse les 30 °C. Direction Champagny en Vanoise où se trouve notre gîte. Après quelques courses au village voisin, nous peaufinons la préparation des sacs à dos, objectif allègement maximum. Pendant ce temps, Pascal, qui nous avoue avoir été cuisinier dans une autre vie, nous prépare une excellente tartiflette, digne d'un 3 étoiles. Il est alors temps d'aller se reposer pour attaquer demain en pleine forme notre première étape.

Samedi 19 septembre.

Réveil à 6 heures pour partir tôt et tenter d'éviter les orages prévus en fin d'après-midi. Petit déjeuner puis nous quittons le gîte direction le point de départ de notre périple : Pralognan la Vanoise. Lorsque nous nous garons au parking, il tombe une fine pluie qui nous contraint à sortir les capes de pluie et les couvre-sacs, elle nous accompagnera jusqu'au refuge. Partis vers 8h30, nous arrivons au refuge du Col de la Vanoise vers midi, après avoir monté environ 800 mètres et traversé un petit lac sur un curieux chemin de pierres. Là-haut, le soleil fait son apparition et Jean-Paul peut ranger son parapluie astucieusement fixé sur son sac à dos. Après avoir mangé dans le refuge à cause du vent, nous partons découvrir les alentours, délestés de nos sacs à dos. Une pause avec vue sur un petit lac nous donne l'occasion d'observer les marmottes qui gambadent alentour. Nous reprenons la direction du refuge à la recherche d'un autre lac qui est finalement à sec. Après une sieste pour certains et de la lecture pour d'autres, nous étudions l'itinéraire du lendemain et savourons le bon repas concocté par les gardiens.

Dimanche 20 septembre.

Lever à 6 heures puis petit déjeuner pour un départ à 7h15. Temps un peu venteux, couvert, avec quelques gouttes. Arrivés à la bifurcation repérable par un blockhaus, nous apercevons un troupeau de chamois sur les hauteurs. Nous prenons un sentier qui surplombe le vallon d'Entre-deux-Eaux, où des bergers, leurs chiens et leurs troupeaux sont à l'ouvrage. Traversée d'un long pierrier qui arrive aux superbes lacs des Lozières. Nous rencontrons des petits ponts de bois qui nous permettent de traverser de multiples ruisseaux. Peu après, nous apercevons un groupe de bouquetins que nous contournons pour les observer et photographier sans les déranger. Nous poursuivons notre chemin jusqu'au refuge de l'Arpont, non gardé à cette date, où nous arrivons vers 13h45 accueillis par une marmotte. Casse-croûte puis installation dans le refuge d'hiver et sieste. Nous profitons ensuite sur l'immense terrasse des derniers rayons du soleil puis Evelyne et Pascal nous préparent le repas. Nous sommes rejoints en ce lieu par cinq sympathiques dames venues de Belgique. Provisions d'eau au torrent puis nous nous couchons pour un repos bien mérité.

Lundi 21 septembre.

Lever 6h15. Préparation des sacs et petit déjeuner à la frontale car il n’y a pas d’électricité. Départ vers 7h20. Sur le chemin, nous croisons torrents et ruisseaux, oratoires, ruines et croix. Côté faune, nous rencontrons un bouquetin, de nombreuses marmottes, un troupeau de chèvres, un troupeau de chamois et nous observons plusieurs vautours au vol plané majestueux. Nous évoluons sur de larges chemins en balcon, assez faciles et qui nous offrent de magnifiques vues. Pour la météo et malgré des prévisions alarmantes, la chance est de notre côté : la vue est assez dégagée et le soleil alterne avec les passages nuageux. La crainte de la pluie nous incite à mettre les bouchées doubles dans la dernière partie du parcours où nous jetons nos dernières forces. Nous échappons de justesse à la pluie qui se met à tomber 10 minutes après notre arrivée au refuge de la Dent Parrachée. Comme les précédents, il a été rénové il y a peu : il est tout confort et possède même un sauna ! Après avoir savouré une bière bien fraîche, nous allons prendre une douche, la première depuis le départ : ça fait un bien fou.

Mardi 22 septembre.

Départ à 8 heures du refuge. Sur les conseils du gardien, nous modifions notre itinéraire pour passer par le cirque d'Aussois. Le passage est superbe. Nous allons ensuite au col du Barbier près duquel nous observons des marmottes de très près, puis des vautours. Sentier en balcon puis petite pause grignotage. Suit une interminable descente dans la forêt jusqu'à un joli hameau aux vieux chalets de pierres sèches qui nous offre un lieu idyllique pour prendre notre repas. Encore une heure de montée puis nous arrivons au refuge de l'Orgère où nous passerons la nuit après avoir écouté le brame du cerf.

Mercredi 23 septembre.

Départ du refuge à 7h35 dans le brouillard. Après une bonne montée dans la forêt, le soleil fait quelques apparitions. Nous continuons de monter jusqu'au col de Chavière (2796 m). Les paysages sont très sauvages, la montée au col est assez raide, débouche sur un paysage lunaire : immenses éboulis parsemés de névés. Nous arrivons ensuite au refuge de Péclet-Polset où nous cassons la croûte et où nous avions prévu de passer la nuit. Vu l'heure précoce et la forme des membres du groupe, nous décidons de poursuivre jusqu'au refuge du Saut. Ça sera toujours ça de moins pour la longue étape de demain ! Donc direction le Col du Soufre (2817 m), en passant par le magnifique lac Blanc aux eaux turquoise. Après le col, paysage minéral, moraines impressionnantes, roches aux tons orangés, montagne de gypse blanc typique de cette région. Puis nous longeons un moment le glacier de Gébroulaz, cherchant les rares cairns permettant de nous orienter. Après ce beau et long périple (21 km et 1300 m de dénivelé), nous arrivons enfin au refuge du Saut niché au creux d'un vallon et entouré d'un troupeau de vaches Tarines. En cette saison le bâtiment principal est fermé mais le refuge d'hiver, lui aussi récemment rénové est superbe et confortable.

Jeudi 24 septembre.

Le ciel est couvert, mais sec. Le parcours de la journée étant court, nous prenons tout notre temps : départ à 9h20 après que les vaches soient venues nous dire bonjour. Montée au Col de Chanrouge puis nous redescendons dans un vallon jusqu'au refuge du Grand Plan en passant par le lac du Pêtre. Après une halte déjeuner au refuge, le soleil ayant chassé la pluie, nous montons aux lacs Merlet. Comme chaque jour, nous rencontrons de nombreuses marmottes. Retour au refuge où nous savourons un bon vin chaud. Lecture et parties de Yams nous occupent le reste de l'après-midi. Puis nous réfléchissons à l'étape de demain. La météo nous promet le pire : potentiellement 30 à 40 cm de neige dans les cols ! Nous décidons donc de ne rien décider et attendons demain matin pour trancher.

Vendredi 25 septembre.

Réveil à 6h, la neige est bien là et elle tombe dru ! Nous tentons quand même l'aventure : départ 7h20 alors que le jour est à peine levé, direction le col des Saulces (2456 m) puis le col du Mône (2530 m) conseillé par le gardien pour éviter l'itinéraire plus court mais difficile que nous avions envisagé à l'origine. Nous somme partis avec 5 cm de neige et maintenant il y en a bien une vingtaine. Mais arrivés au Col des Saulces : impossible de trouver le chemin qui mène au col du Mône. Il nous faut mettre à contribution tous nos outils d'orientation : carte, boussole, GPS, pour enfin nous tirer de ce mauvais pas. Soulagés après avoir retrouvé notre chemin, nous franchissons sans difficulté le col du Mône, puis entamons une longue descente toujours dans la neige tombante et le vent. Après un passage féerique dans les pins à crochet chargés de neige nous faisons une pause repas dans un abri de l'ONF. Nous sommes à environ une heure de Pralognan. Nous décidons alors de nous scinder en deux groupes : l'un qui va rechercher la voiture sur les hauteurs du village, l'autre se rend directement au centre du village. Après nous être retrouvés environ une heure plus tard, nous clôturons cette rude étape par un vin chaud. C'est à Sevrier, sur les bords du lac d'Annecy que nous passerons notre dernière nuit après un sympathique repas dans un petit resto du coin.

Merci à Jean-Paul pour l'organisation de ce périple qui m'a offert la possibilité de quitter quelques jours ma Normandie pour retrouver des amis franc-comtois. 

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