Carnet de route

2019-06-30 Un petit Mont Blanc pour fuir la canicule ?

Le 30/06/2019 par Vincent Gigon

Deux semaines après une course de préparation au Grand Paradis, c’est une équipe légèrement remaniée qui se retrouve au Parking du Grépon à Chamonix samedi à 11h00 pour une nouvelle aventure. En effet, si Thierry était annoncé non partant dès le début, Martine et Philippe doivent malheureusement renoncer à la dernière minute. Par contre Emilien nous rejoint et nous sommes ainsi 11 personnes formant trois cordées au départ :

  • Serge, Cédric, Violette et Vincent
  • Alain, Catherine et Jean-Eric
  • Michel, Frédéric, Gabrielle et Emilien

Une fois le ticket du téléphérique de l’Aiguille du Midi en poche, nous retournons aux voitures pour nous équiper sous un soleil de plomb. Pas le temps de casser la croûte, la benne n°47 nous amène à bon port. Nous ajoutons des couches de vêtements et nous nous préparons pour la courte randonnée jusqu’au refuge des Cosmiques atteint en 45 minutes. Une fois le casse-croûte et la bière descendus, tout le monde profite de piquer un petit roupillon afin de gagner un peu d’heures de sommeil, la nuit s’annonçant très courte.

Lever à 00h30, petit-déjeuner à 01h00. Petite inquiétude pour Catherine et Serge qui ont du mal de « digérer » le changement brutal d’altitude et qui ne se sentent pas très bien. Mais tout le monde est bel et bien au départ au pied du refuge à 1h45, encordés et cramponnés.

Aucun nuage, très peu de vent, lune absente et ciel noir constellé d’étoiles qui nous semblent plus brillantes et plus proches que jamais : le superbe décor est planté et les acteurs peuvent s’élancer. Des chapelets de lumières scintillantes nous font prendre conscience de l’obstacle qui se dresse devant nous : des cordées parties plus tôt que nous sont déjà dans la pente qui nous amènera à l’épaule du Mont Blanc du Tacul que nous franchirons dans une petite paire d’heures. Etrange sentiment en regardant en bas sur notre droite les lumières de la plaine qui semblent si proches alors que nous sommes perchés à environ 3'000 m plus haut. Cette première « bosse » franchie, Fred nous rappelle que c’est notre deuxième 4'000 m en deux semaines… et nous en aurons accroché trois de plus d’ici la fin de la journée !

Après une première pause au Col Maudit, nous entreprenons donc l’ascension du Mont Maudit alors que l’horizon commence à prendre ses couleurs d’aurore et que la lune fine mais éclatante fait son apparition. Il est difficile de rester concentré dans un spectacle pareil et pourtant il le faut car les pièges ne manquent pas. Les derniers mètres sont vertigineux et la présence de glace nous oblige à faire usage du piolet et des pointes avant de nos crampons pour nous hisser sur l’arête du Col du Mont Maudit. C’est alors que nous apparaît la raison de notre périple : le Mont Blanc se trouve face à nous, baigné par les premières lueurs orangées du soleil. Il nous semble si proche et si atteignable que l’émotion nous gagne déjà.

Et pourtant, il est important de reprendre des forces au Col de la Brenva car il faudra en effet encore presque deux heures pour franchir via le Mur de La Côte les quelque 500 mètres de dénivelé restants. L’altitude faisant son effet, le cœur tape jusque dans les tempes et chaque pas demande une double respiration. Mais il suffit de lever les yeux pour trouver la motivation de mettre un pied devant l’autre, le sommet nous attendant.

Après un peu plus de six heures et demie d’efforts, nous voilà sur le plus haut sommet des Alpes à 4'810 m et la récompense est à la hauteur de nos attentes. Un panorama époustouflant s’offre à nous. Que d’émotions difficiles à contenir et encore plus à décrire. Nous aurions pu passer la journée entière sur ce balcon extraordinaire mais Serge nous fait remarquer que nous avons un train à prendre à 17h00 au Nid d’Aigle, 2'600 m plus bas via un nouveau sommet, le Dôme du Gôuter... Quel trouble-fête !

La descente par l’Arête des Bosses, la progression dans la neige qui s’amollit ainsi que le manque de sommeil commencent à peser dans les sacs. Nous atteignons enfin l’ancien refuge de l’Aiguille du Goûter vers 12h00. La fatigue se fait sentir, tout le monde paierait cher pour descendre à bord d’un de ces parapentes qui nous nargue juste au-dessus de nos têtes.

Petite pause pour nous ravitailler et nous préparer pour une expérience « minérale », entre via ferrata et randonnée sur rochers. L’appréhension grandit à l’approche de ce qui représente un des obstacles les plus dangereux de l’expédition : le Grand Couloir du Goûter. Nous observons des départs de chutes de pierres quasi continus et nous savons que nous n’aurons pas le choix que de nous y exposer. Finalement, les 3 cordées franchiront le Couloir sans incident majeur, malgré la perte d’un de mes crampons qu’Emilien aura le courage de ramasser au péril de dangereuses secondes d’exposition aux chutes de pierres. Merci Emilien !

La progression dans la fastidieuse Arête du Goûter fut plus lente que prévue et il ne faut pas perdre de temps si nous ne souhaitons pas ajouter 1'000 m de descente à pied. Cédric et Violette se lancent alors dans une course sur neige, moraine et rochers afin de prévenir le train de notre possible arrivée tardive. Finalement, les derniers équipiers arrivent à la gare vers 16h30 et tout le monde peut prendre le petit train bleu à crémaillère puis le téléphérique qui nous redescend aux Houches.

Un dernier verre et repas ensemble sur une terrasse ensoleillée avec en prime un petit concert live clôturent de la plus belle des manières un week-end d’exception qui restera à jamais gravé dans nos mémoires.

Bravo à toutes et tous, merci au club et à ses membres pour votre accueil et un merci tout particulier à Serge pour l’organisation.

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