Carnet de route

2018-09-13 Retour aux sources

Le 13/09/2018 par Pierre Caron

Mercredi 12 septembre, latitude 47° 45’ 51’’ Nord, longitude 6° 52’ 49’’ Est, altitude mini 516 m maxi 1091 m, une mairie mais pas d’agglomération que des constructions isolées, nous sommes à Rierversemont petite commune de 105 habitants en fond de vallée, au pied du Wissgrut. C’est notre point de départ pour deux jours de VTT à l’initiative de Serge organisateur infatigable. Au fil des jours le nombre de participants a fondu nous ne sommes plus que deux.

Il est 13 heures, sac à dos lourdement chargés nous entamons la remontée d’une raide piste forestière. Le cœur bat la chamade, le souffle s’emballe, les cuisses demandent grâce, la sueur pique les yeux. Que suis-je venu faire dans cette galère ? Petit à petit le corps et l’esprit s’apaisent, le pédalage s’harmonise. La forêt s’éclaircit, nous arrivons au col du Lochberg 979 m, une montée escarpée peu roulante nous mène sur la chaume. Un petit faux plat montant au travers d’un pré bois bucolique et le refuge du Baerenkopf 1060 m nous accueille dans son écrin de verdure. Le lieu est propice à la rêverie mais Serge me rappelle que notre périple ne fait que commencer.

Petit sac, désaltérés, nous plongeons versant alsacien vers la source de la Doller, remontons sur la croupe de la forêt de Stosswald, entamons une longue descente pour rejoindre la route goudronnée menant au lac de Lachtelweiter, lac où nous assistons à la prise d’une belle carpe. Finie la rigolade ! Nous nous engageons sur le GR 531, d’abord à travers champ puis en forêt. Le parcours demande des qualités de trialiste qui me font défaut, Serge prend un malin plaisir à se jouer des pièges du sentier. Nous progressons à flanc de montagne, pas question de relâcher la concentration, du vrai VTT, gare aux étourdis ! Nous traversons la ferme auberge de Brukenwald symbole de l’activité pastorale et de la tradition d’accueil de la montagne vosgienne. Toujours à flanc, toujours technique le GR nous conduit jusqu’à la route forestière du Sudel. Nous sommes partis pour une longue ascension vers la crête en direction du Wolfenloch. Peu à peu l’écart se creuse et, au gré d’une courbe, Serge disparait de ma vue. Fin de la piste Serge m’attend en consultant la carte. Par une sente courte et pentue parcourue à pied nous débouchons sur la crête sommitale à 900 m d’altitude. Une très longue descente nous permet de rejoindre la D51 en fond de vallée à 490 m. Nous empruntons la départementale jusqu’au hameau de St Nicolas où nous quittons le goudron pour gravir les 530 mètres de dénivelé qui nous séparent du refuge. Certaines sections de la montée sont très raides et nous obligent à de pénibles séances de « poussette ». Nos mollets garderont un souvenir cuisant du franchissement du Haquin 835 m. Poussette, pédalage, nous nous adaptons au terrain. Mont Brulé 917 m, Ballon de St Nicolas nous grignotons la montagne. La pente s’adoucit, une courte descente et nous buttons contre le Baerenkopf 1074 m. C’est par un véritable sentier de montagne que nous parvenons au sommet, sommet caressé par les derniers rayons du soleil. Ces dernières lueurs nous offrent de somptueux jeux de lumière au travers les hêtres torturés. Nous arrivons au refuge au crépuscule, l’obscurité naissante nous révèle la véritable magie du lieu. Comme par enchantement la fatigue nous quitte, remplacée par un grand calme et une douce impression de sérénité.

Le seuil de la cabane franchi nous tombons sous le charme de la vénérable bâtisse, ces lieux ont une âme. Le feu crépite dans la lourde cuisinière de fonte, les roestis dorent dans la poêle. Silencieusement je n’ose dire religieusement nous savourons à petites gorgées la bière montée par Serge. Repas et vaisselle terminés le petit escalier étroit et grinçant nous invite à gagner le dortoir.

Le téléphone de Serge me tire d’un sommeil au combien réparateur. Allumage du feu, petit déjeuner, ménage et déjà nous enfourchons nos fougueuses montures (fougueuses en descente seulement !). Arrivés à la voiture, préparation des sacs, changement de cartes et nous voilà « de bon matin à bicyclette ! » sans Paulette hélas. Ce diable de Serge a décidé de me tuer. Col du Chantoiseau, descente malaisée sur Malvaux, passage au pied du Rocher du Cerf (lieu emblématique de grimpe des Belfortains), col de la Rougerie, plongée dans la vallée du Rahin, col de Stalon, col du Ballon, sommet du Ballon d’Alsace, ce n’est plus du VTT c’est la chevauchée des Walkyries ! Et ce n’est pas fini que nenni ! Les montagnes russes continuent, Plain des Gentianes, Wissgrut, Tremontkopf. Le commandant Deprez vous invite à serrer votre ceinture (de sac à dos) avant d’entreprendre la descente finale par le col sans Nom, le col de Hutzelach, les forêts de la Milandre et de la Consenterie. Jeudi 13 septembre 16 heures c’est l’atterrissage en douceur sur le parking. Par curiosité de grand gosse attardé je crache sur le disque de frein avant, ma salive disparait instantanément sous forme de vapeur.

Deux mille cinq cents mètres de montée, douze heures d’effort ce n’est pas ce que je retiendrai de ces deux jours. Ces hauts lieux ne sont pas que les sources de la Doller, de la Savoureuse, du Rahin ce sont aussi les révélateurs de nos propres sources et de nos « ressources ». Instants privilégiés de calme, de sérénité, de partage, symbiose avec la nature. Merci Serge pour ce beau cadeau.

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