Carnet de route

2018-06-19 Bonne remise en jambes aux Aiguilles de Baulmes

Le 19/06/2018 par Serge Deprez

Après cette longue période orageuse voici enfin une belle journée propice à reprendre l’escalade dans l’un des nombreux sites que nous offre le Jura : nous sommes donc 4 seniors accompagnés de Mélanie pour une remise en jambes aux Aiguilles de Baulmes. Ce site situé en terre hélvétique entre Sainte-Croix et Jougne aux environs du col de l’Aiguillon offre toutes les possibilités d’escalade : des voies très dures dans la falaise sous le sommet principal des Aiguilles, des couennes sur les nombreux rochers de son versant SO et deux longues voies de difficulté modérée nommées Petite Arête et Grande Arête qui seront notre terrain de jeu d’aujourd’hui.

Avant d’attaquer la Grande Arête nous formons les deux cordées : Pierre et Michel – le Petit Missel du Bélieu – s’associeront sur une corde de 35 m tandis que Mélanie et le second Michel – bien connu par sa passion à distiller toutes sortes de baies ou fruits voire de racines – seront encordés chacun sur un brin de mon rappel de 50 m. Mes deux acolytes étant plus ou moins novices en grandes voies, nous commençons par faire une révision des quelques nœuds fondamentaux à connaître, répéter les signaux de communication entre premier et second de cordée et apprendre ou réapprendre l’utilisation correcte du REVERSO® en s’aidant des indications gravées sur son flanc.

Le temps de terminer cet apprentissage, Pierre et Michel sont déjà à l’œuvre dans la première longueur et nous pouvons enchaîner à leur suite l’ascension de cette Grande Arête. Arrivé au relais, Mélanie puis Michel me rejoignent auxquels il faut expliquer les techniques d’auto-assurage : soit utiliser la longe fixée à son baudrier soit, si celle-ci est trop courte, confectionner un nœud de cabestan avec son brin de corde qui a l’avantage de pouvoir être ajusté à la longueur voulue, offrant ainsi un relais confortable. Et c’est reparti pour la deuxième longueur, la moins facile de la voie, qui va procurer à Mélanie ses premières grandes sensations d’escalade en milieu naturel. Puis une troisième longueur nous amène sous la partie horizontale de l’arête suivie de deux longueurs sur le fil, longueurs faciles mais vertigineuses, pour enfin rejoindre la terre ferme par une courte désescalade. Après avoir remplacé nos chaussons d’escalade par des chaussures plus appropriées nous entreprenons la descente par un sentier escarpé pour rejoindre le parking où les bières apportées par Mélanie accompagnent notre sandwich.

Après ce moment de restauration nous négligeons la sieste pour repartir à l’attaque de la Petite Arête, petite par le nom mais aux difficultés plus importantes que la Grande Arête de la matinée. Descriptif en main nous recherchons le nouveau départ récemment équipé de cette voie : il s’agit soit d’une cheminée barrée par un rocher coincé soit d’un éperon juste à sa droite. Pierre choisit de passer dans la cheminée et s’y étant un peu trop incrusté – c’est un réflexe soi-disant rassurant mais bien souvent regretté –  doit quelque peu batailler pour s’en extirper. Je choisis l’éperon évitant ainsi à mes deux compagnons en apprentissage les mêmes contorsions qu’a eues à faire Pierre tout en les agrémentant de quelques jurons. Une deuxième longueur de 25 m sur un pilier vertical mais bien « prisu » nous amène au pied de la section la plus difficile de la voie : un mur jaune un peu déversant coté 5b voire 5c en fonction du topo utilisé. Pierre après quelques hésitations sur le cheminement s’en sort sans trop de problèmes malgré ses épaules fragiles suivi par son fidèle compagnon. Ayant rejoint la première cordée je confectionne un solide et confortable relais autour d’un arbre et c’est au tour de Mélanie puis de Michel à s’élancer pour franchir ce passage athlétique dont je ne distingue pas le profil d’où je suis. Seule une tension soudaine sur la corde jaune suivie d’un « Hou » de désespoir me laisse à penser que Mélanie éprouve quelques difficultés en ne trouvant pas les quelques prises de main salvatrices qui lui permettraient de se sortir de ce mauvais pas. Après quelques minutes de repos pendue au bout de la corde suivie d’une seconde tentative plus fructueuse le casque bleu de Mélanie apparaît sous son visage rougi par l’effort qu’elle vient de fournir puis c’est au tour de Michel de nous rejoindre. Une petite longueur facile de 20 mètres permet d’accéder au pied de la dernière portion de la voie, une paroi verticale de 6 à 7 mètres qui sollicite à nouveau les bras de Mélanie.

Pierre ayant déjà installé sur ce sommet exigu le petit rappel qui lui a permis de rejoindre le sol c’est à son compagnon de cordée de s’élancer à son tour. Après quelques explications sur l’utilisation du REVERSO® en mode descendeur mes deux comparses étrennent en toute sécurité car assurés du haut, leur première descente en rappel pour rejoindre Pierre et Michel au bas de ce dernier éperon. Les cordes lovées nous utilisons le même sentier pour rejoindre le parking croisant au pied de la Grande Arête une équipe des Sapeurs Pompiers de Paris en stage dans la région.

Bravo à tous pour cette superbe journée sur cet excellent rocher et en particulier à Mélanie pour qui se fût plus une « remise en bras » qu’une remise en jambes mais elle nous a malgré tout promis de revenir.

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