Carnet de route

2021-07-02 Le tour du Mont Viso du 26 Juin au 2 Juillet 2021

Le 02/07/2021 par Marie-Odile Caron and Co

Du haut de ses 3841 m la pyramide du mont Viso fascine !

Celui que les romains appelaient « Vésulus », le visible, domine les Alpes du sud par-delà le Queyras et les profondes vallées du Piémont italien.

Ce « Roi de Pierre » est encore le symbole d’une nature libre et sauvage.

1er jour

11 varappeurs bien décidés à observer le Mont Viso sous ses 4 faces se mettent en marche pour la première étape au départ du hameau de l’Echalp 1700 m. Nous sommes dans le massif du Queyras.

Par un beau sentier boisé, nous remontons la Combe de Morelle et passons à proximité des ruines d’un ex-refuge Napoléon pour passer le premier col de notre périple Col Lacroix 2298 m et franchir la frontière italienne pour nous glisser dans le Piémont.

Après avoir descendu 600 m, nous arrivons au refuge de Jervis 1732 m où l’accueil de nos amis italiens est, comme souvent des plus sympathiques.

Le hameau de Jervis cultive les traditions ancestrales et nous avons pu observer un berger regroupant ses moutons de nuit. (Loup y es-tu ?) Dans une toute petite étable (4 vaches), un paysan trait à la main. La mousse du bon lait frais nous fait envie… A l’extérieur, des gorets élevés en plein air nous laissent entrevoir de magnifiques jambons !

Jean Paul Goidet

2e jour

Le magnifique vallon nous conduit au pied d’un sentier bien pentu qui serpente dans la forêt. Après le passage du Baracum (2373 m) la descente sur le val de Pis nous mène au refuge Barbara. Toutes proche, des vaches bigarrées paissent autour des lacs. C’est dimanche, les turinois en nombre sont venus profiter du beau temps et du cadre bucolique.

3e jour

Le calme est revenu ce matin autour du refuge après l’agitation de la veille. On donne un dernier regard sur le troupeau de vaches se reflétant dans les lacs. La montée dans la forêt de mélèzes nous laisse le loisir d’admirer la flore. Tiens ! Une salamandre noire, luisante, peu ordinaire ! Des panneaux nous renseignent sur cette salamandre Lanza, espèce endémique du tour du Mont Viso et protégée.

Passage au col Melzé puis au col de la Gianna à 2560 m, puis descente sur le refuge Pian del Ré.

C’est par la route qui longe les cascades et la chapelle que nous parvenons au refuge. 

Le personnel très accueillant nous installe dehors pour pique-niquer mais rapidement la pluie nous fait rentrer à l’intérieur. Nous ne verrons pas le Viso ce jour-là mais nous saurons situer la source du Pô (Qui nasce il Pô) et la polenta du soir restera aussi dans nos mémoires !

Marie Odile

4e jour

Cette quatrième étape va nous permettre d’approcher de près le géant dont on fait le tour.

Les quelques chanceux qui se sont levés tôt peuvent l’admirer, magnifique, éclairé par le soleil.

Hélas, quand le petit groupe démarre du refuge à 8h30, il a déjà disparu dans les nuages.

Nous atteignons vite le lac Fiorenza avant de cheminer dans un monde minéral. Le Mont Viso se cache toujours. Après 4 heures de marche, nous sommes au col du Viso (2650 m) avec juste en dessous le refuge et le grand lac du même nom. L’endroit est superbe !

Après le casse-croûte de midi tout le monde repart pour explorer les environs où les bouquetins se reposent au soleil. Et enfin il daigne se montrer ! Le Viso est maintenant complètement découvert et les 1000 m de sa magnifique face Est nous apparaît dans son intégralité. Pierrot rêve devant la belle arête qui monte dans le ciel. C’est magnifique avec le soleil qui nous accompagnera le reste de la semaine.

5e jour

Refuge Quintino à Vallante. Le vent a nettoyé le ciel et un soleil généreux souligne d’un trait de lumière la splendide arête Est du Mont Viso.

Les bouquetins nous font une haie d’honneur au pied des escaliers du refuge. Commence alors un agréable cheminement au milieu des lacs. Nous entamons la montée vers le col Gallarino et nous poursuivons notre aérienne chevauchée dans un décor minéral vers le col Chiaffredo.

Une longue descente parmi les lacs Lungo et Bertin nous conduit dans une gorge profonde. Nous traversons un pierrier constellé de cairns artistiquement érigés. La forêt de pins et de mélèzes succède à ce paysage lunaire. L’herbe qui borde le torrent nous invite au repas. La remontée dans le vallon de Vallante est magnifique. Un dernier effort et nous arrivons au refuge du même nom. Il est dominé par l’impressionnante face Ouest du Viso.

Pierre

6e jour

Il fait frais ce matin sur le sentier horizontal qui nous éloigne du refuge Vallante. Cela ne dure pas, la montée se fait plus raide et progressivement le Viso à contre-jour expose sa face Ouest, une masse noire qui barre l’horizon. Sous le col de la Losetta (2872 m) les ruines d’un casernement d’altitude nous interpellent…

Par chance la neige a fondu, facilitant le passage du col et sa descente escarpée. En perdant de l’altitude, nous quittons ce monde de roches et de pierres pour entrer plus chaleureusement dans le vallon de Soustra. Vers 2200 m les alpages bucoliques, en pleine floraison, resplendissent sous la palette des dégradés de rose, de jaune, de mauve…

Plus bas des troupeaux de vaches Canina paissent tranquillement près de vieux chalets écroulés.

La vallée se resserre pour atteindre la route du col Agnel. Nous l’empruntons sur 1km environ avant de reprendre le sentier. Un replat sur un éperon nous offre un magnifique belvédère sur la vallée de Chianale.  C’est ici que nous ferons la pause de midi, adossés au mur chaud d’une ancienne caserne.

En Remontant le GR58, nous arrivons au col Agnel (2741 m) et nous quittons l’Italie. Cette frontière nous fait basculer dans la « civilisation », monde moderne que nous avions oublié durant 6 jours.

Pour échapper au vrombissement des moteurs de voitures et de motos, nous plongeons dans le petit chemin qui conduit au refuge Agnel. Ce sera le dernier refuge de cette belle chevauchée alpine avant le retour de demain.

Marie Odile

7e jour

Après une nuit au refuge Agnel (2580 m), nous poursuivons le GR58 pour monter au col Vieux (2806 m). 

Nous avons renoncé, après discussion, à gravir le Pain de Sucre qui pointe à 3208 m au profit d’un sommet qui culmine à 3100 m et surplombe 3 superbes lacs dont le Foreant et l’Egorgéa. La jolie crête au sommet nous a donné des émotions non seulement par la vue mais aussi du fait de passages « délicats » où il a fallu (mais avec plaisir) redoubler de prudence. Nous fûmes heureux de cette ascension et d’être allés ‘’ là-haut’’ !

La descente du sommet nous a ramenés aux petits lacs et à un torrent auprès duquel nous avons fait une pause repas. Le vallon de Bouchouse nous a offert des prairies couvertes de de fleurs de toutes sortes dont les Trolls dorés. Les vaches et leurs veaux s’y reposent tout en ruminant et en nous regardant passer. Descente poursuivie dans le bois avec à droite le majestueux Mont Viso, au top de sa splendeur, la cime bien dégagée, ses taches de neige étincelantes sous le soleil dans un joli écrin : 

Une image offerte là, pour qu’elle se grave dans nos têtes en cette fin de périple et qu’elle nous enchante, rien que d’y penser…

Retour à l’Echalp où les voitures nous attendaient. Petit bain dans le torrent puis c’est la route du retour par les cols, dopés par cette superbe échappée en montagne. Merci beaucoup à nos 2 Jean-Paul qui nous ont organisé avec soin cette semaine de randonnée et pour le bonheur d’y avoir participé.

Evelyne

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