Carnet de route

2017-04-24 Printemps népalais

Le 26/11/2017 par Freddy Mougin

L'Himalaya, le Népal, Katmandu... Des noms qui fascinent et attirent voyageurs et montagnards du monde entier. Ils sont la principale source de revenus pour ce pays très dépendant de la Chine et de l'Inde, ses puissants voisins. Le 15 avril 2015, le tremblement de terre meurtrier (9000 morts) et destructeur du patrimoine a considérablement ralenti l'activité touristique. Une des façons d'aider les népalais à redresser leur pays, c'est de continuer de trekker dans ses fabuleuses montagnes, qu'elles tremblent, ou pas !

C'est ce que Paulo (baroudeur familier du Népal) a proposé en organisant un trek sur les balcons des Annapurnas. Autour de lui un groupe s'est rapidement constitué et c'est ainsi que le 24 avril nous sommes 13 (no problème !) à décoller de Genève pour Katmandu via Istanbul. Voyage parfaitement orchestré par notre coach. A l'arrivée, nous sommes accueillis par Saila et son épouse qui nous offrent à tous un collier de fleurs. Saila, c'est la référence népalaise pour Varappe. Les expés organisées avec son ami Jean-Claude Socié ont tissées des liens solides avec le Haut-Doubs. Et c'est avec son pote Paulo qu'il nous a concocté un trek sur mesure (pas trop difficile) de 2 semaines. Saila sera bien sur notre guide, interprète et intarissable conteur sur l'histoire, les religions, et les problèmes de son pays. Mais aussi un joyeux animateur au cours de soirées où le rhum (fabrication locale) en fera chanter et danser certains, et cligner les paupières à d'autres! Son frère Lapka nous mijotera matin, midi et soir, des plats succulents avec des denrées glanées au fil de la randonnée. Dans la troupe également, Pemba son neveu, un gai luron de 18 ans, danseur aux dents éclatantes !

Dès l'après-midi, direction l'école que parraine l'association à "hauteur d'hommes" présidée par Anaïs Clerc. Nous avions bourré au maximum nos sacs avec des colis préparés par les parrains des enfants, complétés par des dons personnels. Les gamins sagement alignés nous ont offert de nombreux dessins. Puis après une visite de leur lieu de vie et la distribution des "cadeaux", une bonne soupe aux pâtes nous est offerte sur la terrasse réfectoire.

Longue journée le lendemain, 200km de mini bus sur la route défoncée qui mène à Pokhara. C'est l'axe principal qui approvisionne le Népal depuis l'Inde avec des colonnes de "TATA" sonores et multicolores (camions indiens) dont les chauffeurs ne connaissent pas le permis à points! Après Pokhara, entassés dans deux 4x4, nous gravissons des pistes vertigineuses. C'est à pied (enfin !) que nous rejoignons à la nuit tombante notre lodge à Gandruk.

Cette fois c'est parti ! Jours après jours nous allons vivre au rythme de nos pas sur des sentiers tapissés de pétales de rodhos géants qui flamboient dans la brume, gravir des escaliers parfois enneigés, longer des crêtes aériennes, apprécier ce thé fumant tendu par un sherpa souriant et se régaler d'une omelette ou de bananes flambées dans une baraque de tôle bleue réchauffée par un fourneau-baril. Nos nuitées: c'est une lignée de chambrettes fraîches à 2 lits avec parfois une douche capricieuse: le luxe à l'état brut! 7 porteurs nous devancent toujours sur le chemin. Assez discrets ils ont sur le front le poids de nos sacs remplis de nôtre petit confort personnel. Culpabilisant ? Oui un peu. Mais pour eux c'est une chance d'avoir du travail dans ce pays.

Et les sommets ? Où sont-ils ? Au début du trek, une petite fenêtre le matin tout là-haut dans les nuages, avec un clin d'œil de l'Annapurna Sud puis rideau! Enfin, nous sommes soulagés au belvédère de Muldaï (3640m), le Dhaulagiri qui flotte sur une mer de brume, nous écrase du haut de ses 8172m, accompagné par la bande des Annapurnas. Puis nous avons rejoint le lodge perché de Kopra Ridge au terme d'une longue ascension durant laquelle le mal des montagnes a commencé de chatouiller notre vétéran Gégène. A l'aube, sur une crête désertique nous assistons à l'embrasement des géants qui nous entourent. Grandiose! Les yaks complètent le tableau. Il y a trop de neige pour monter au lac sacré de Khayar (4025m), nous redescendons accompagnés par les vautours dans les forêts de rodhos.

Les étapes se succèdent dans une bonne ambiance avec des paysages toujours très variés. A Swanta nous visitons l'école. Dans ces villages isolés, panneaux solaires et internet sont bien présents. Le refugesolitaire de Mohare Danda sera parfait pour fêter un double anniversaire. Gâteau pour Dede et Paulo accompagné de danses et chansons franco-népali. La sueur coule un peu, le rhum beaucoup ! Le matin, encore unsuper panorama à photographier ! A Lespar, surpris par la grêle, desvillageois nous offrent naturellement le thé. A l'étape suivante un violent orage rend la piste impraticable pour un tronçon prévu en bus. Nous rejoindrons donc le confortable hôtel de Sarangkot à pied et sous la pluie. Dans la soirée, distribution officielle des pourboires aux sherpas et aux porteurs, suivie d'une fiesta folklorique. Le matin, levé de soleil (belvédère payant) sur le Machapuchare, sommet vedette, entouré par les Annapurnas. Au balcon, une foule de spectateurs en quête de zenitude. A nos pieds, Pokhara et son lac, un haut lieu touristique, base de départ de nombreux trekkings. On bave devant les magasins de sport (un peu de contrefaçon...), stages de méditation, yoga et salons de massage à profusions !

Retour sur la capitale, une galère! Bouchons, accidents de "TATA", travaux, poussière et pollution. Mais une douche et une bonne nuit (sauf pour ceux qui ont la tourista ou la gorge qui gratte) et c'est reparti! Visite marathon de la ville grouillante et de ses sites incontournables. À Dubar Square une foule très colorée de croyants fait des offrandes aux dieux parmi les nombreux temples étayés ou détruits par le séisme. Le Stupa de Bodnath a été lui reconstruit à neuf par la communauté tibétaine. A Pashupatina, lieu de pèlerinage et de crémations, des shadous bariolés récoltent les roupies et les singes font les poubelles. 

Pour clore notre séjour, Saila nous invite à un festin sur la terrasse qui domine sa maison. Toute sa famille est là pour nous recevoir. Le lendemain à l'aéroport, en ultime cadeau, il nous offre à tous une katha orangée: c'est l'écharpe bouddhiste porte bonheur.

Epilogue

Le "progrès", avec avantages et inconvénients a inexorablement pénétré le Népal. Ce royaume qui faisait rêver et planer les hippies a perdu un peu de sa magie. Il commençait de s'ouvrir lorsque je l'ai parcouru il y a 40 printemps. Ce peuple des montagnes vivait encore de façon séculaire au rythme des saisons et des fêtes religieuses. Aujourd'hui le roi a disparu, les babas cool aussi. La population du pays a doublé et, 10 fois plus d'habitants s'entassent autour de Katmandu (exode rurale, guérilla maoïste, réfugiés tibétains). Cette surpopulation, et un développement désordonné, ont engendré dans la vallée une pollution majeure due principalement au trafic routier. Dans nos voyages, qui ne sont que des parenthèses, nous profitons de l'apparence du meilleur pour laisser ensuite le pays avec la dure réalité de ses nombreux problèmes.

Mais la passion que suscite l'Himalaya avec ses sommets mythiques, l'attachement à ce peuple qui lutte pour survivre et garder son âme (les 2 puissances qui l'entourent sont plutôt du genre envahissantes!) et l'espoir de croiser un jour le Yéti font que l'ami Paulo a déjà le sac à dos prêt pour y retourner ! 

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